Ecole de rire itinérante ha ha haSagesses et malices de....Les aventures de Nasreddine le fou sage ![]() Voici quelques contes du facétieux, populaire et mythique Naseréddine Hodja dont les histoires absurdes et ironiques ont fait les délices de nombreuses générations depuis le VIII siècle. » Naseréddine et son fils Le fils de Nasreddine avait treize ans. il était même tellement complexé qu'il refusait de sortir de la maison. "Les gens vont se moquer de moi", disait-il sans arrêt. Son père lui répétait toujours qu'il ne faut pas écouter ce que disent les gens parce qu'ils critiquent souvent à tort et à travers, mais le fils ne voulait rien entendre. Fort tôt le matin, il quittèrent la maison. Nasreddine Hodja s'installa sur le dos de l'âne et son fils marcha à côté de lui. A l'entrée de la place du marché, des hommes étaient assis à bavarder. A la vue de Nasreddine et de son fils, ils lâchèrent la bride à leurs langues : "Regardez cet homme, il n'a aucune pitié ! il est bien reposé sur le dos de son âne et il laisse son pauvre fils marcher à pied. Pourtant, il a déjà bien profité de la vie, il pourrait laisser la place aux plus jeunes." Nasreddine dit à son fils : "As-tu bien entendu ? demain tu viendras avec moi au marché !" ![]() Le deuxième jour, Nasreddine et son fils firent le contraire de ce qu'ils avaient fait la veille : le fils monta sur le dos de l'âne et Nasreddine marcha à côté de lui. A l'entrée de la place, les mêmes hommes étaient là. Ils s'écrièrent à la vue de Nasreddine et de son fils : "Regardez cet enfant, il n'a aucune éducation, aucune politesse. Il est tranquille sur le dos de l'âne, alors que son père, le pauvre vieux, est obligé de marcher à pied !" Nasreddine dit à son fils : "As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !" Le troisième jour, Nasreddine et son fils sortir de la maison à pied en tirant l'âne derrière eux, et c'est ainsi qu'ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d'eux : "Regardez ces deux imbéciles, ils ont un âne et ils n'en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l'âne est fait pour porter des hommes." Nasreddine dit à son fils : "As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché ! "![]() Le quatrième jour, lorsque Nasreddine et son fils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l'âne. A l'entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation : "Regardez ces deux là, ils n'ont aucune pitié pour cette pauvre bête !" Nasreddine dit à son fils : "As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !" Le cinquième jour, Nasreddine et son fils arrivèrent au marché portant l'âne sur leurs épaules. Les hommes éclatèrent de rire : "Regardez ces deux fous, il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l'âne au lieu de monter sur son dos." Et Nasreddine Hodja dit à son fils : "As-tu bien entendu ? Quoi que tu fasse dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer. Il ne faut pas écouter ce que disent les gens." ![]() « Inlassablement, Nasreddine dénonce la sottise humaine en utilisant une arme unique et imparable : la dérision. » LE SERVITEUR DE QUI ? Un jour le cuisinier du sultan découvrit un nouveau légume : c'était des épinards. Le sultan goûta et apprécia. _Ce nouveau plat est excellent ! Qu'en penses-tu Naseréddine ? _Absolument exceptionnel ! D'ailleurs ils méritent d'être immortalisé par un poème. Et Naserédine se lança dans un poème improvisé qui parlait de la belle couleur des épinards, de la finesse de leur goût, de la force qu'il procure à celui qui en mange…
Voyant que le sultan raffolait de ce plat, le cuisinier en prépara pour le lendemain, le surlendemain, et ainsi pendant trente jours. Et chaque jour, Naseréddine se mettait debout et improvisait, dignement, un nouveau poème à la gloire des épinards. Au bout d'un mois l'humeur du sultan changea : _Si tu me présentes encore un plat d'épinard, dit-il au cuisinier, je te coupe la tête. Ce dernier baissa la tête, confus. Quand à Naseréddine il se leva dignement et improvisa un poème pour dire tout le mal qu'il pensait des épinards : leur goût fade, leur parfum désagréable, leur couleur triste…. L'un des conseillés, complètement dérouté, le coupa : _Mais, Naseréddine, cela fait un mois que tu fais l'éloge des épinards, comment peux-tu changer d'avis aussi vite ? _C'est simple, l'ami ! Moi, je ne suis pas le serviteur des épinards, je suis le serviteur du sultan.
« Cet antihéros, tour à tour paresseux, peureux, menteur, paillard, mais toujours humain, reste très vivant et très présent dans la tradition populaire et dans la mémoire collective des pays du sud de
TU AS RAISON Deux hommes, qui se disputaient la propriété d'un terrain, se présentaient un jour devant Naseréddine. Le premier exposa ses arguments avec conviction. « Tu as surement raison », lui dit le Hodja. Le deuxième homme s'avança, et défendit sa cause avec autant d'enthousiasme que le premier. « Toi aussi tu as raison » lui dit le Naseréddine. Sa femme, qui avait tout entendu, lui dit : _Ces deux hommes se disputent le même terrain, ils ne peuvent avoir raison en même temps. _Tu as raison lui répondit-il. Les deux hommes furieux lancèrent d'une même voix : -Mais tu es complètement fou. _Vous avez raison répondit Naseréddine.
Vous pouvez retrouver les contes délirants de Naseréddine dans la collection : Sagesses et malices de Naseréddine, le fou sage par Jihad Derwiche aux éditions Albain Michel. Tout simplement délirant et hilarant. Ha ha ha ha !!!!!!!!!! Article ajouté le 2008-04-19 , consulté 71 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " Contes "Retour aux articles |