La chanson de Craonne
Relate le sacrifice et le massacre, non consenti, de la plus forte densité d'hommes tués au mètre carré depuis toutes les guerres.
Je souligne, NON CON-SEN-TI, contrairement à ce que, Monsieur le Président Nicolaï Star-kozy voudrait nous le faire croire. Si comme l'affirme le chef de l'état, le sacrifice était consenti, il l'était sous le nombre de fusillés pour l'exemple. On désignait un homme, plus ou moins pris au hasard, qui servait d'exemple devant les bataillons pour inciter les soldats à accepter l'inacceptable, c'est-à-dire, non plus être tuer au combat, mais, de se faire massacrer, devant, au nom, des intérêts politiques et militaires.
135.000 tués, en Dix jours….13500 PAR JOUR. La barbarie à l'état pur. Un crime contre l'humanité.
A l'époque, l'état major avait offert un millions de francs or, une sommes considérable, pour toutes personne qui dénoncerait l'auteur ou les auteurs des paroles de cette chanson et sa libération immédiate, oui, la libération immédiate du délateur, dixit. Pour en faire un héros sans doute et décoré comme il se doit. Personne, personne, PAS UN SEUL soldat n'a cafté, ni délaté. « Tous unis comme au front ».
La chanson de Craonne c'est la chanson des révoltés que murmuraient les poilus sur le chemin des Dames en avril 17 après qu'une partie de la troupe se soit mutinée devant tant de boucherie, refusant de mourir comme des moutons comme le souhaitait l'indigne Général Nivelle. S'il fallait en fusillé un, c'était bien celui là.
Si tous les soldats morts, Français de la « grande» guerre immonde, mondiale, défilaient sous l'arc de triomphe, en rangs serrés par quatre, il faudrait six jours et cinq nuits pour les voir tous défiler….
Sacrifice consenti ? Alors pourquoi des mutineries ?. Faut-ils accepter la messe et dire, amen, se faire massacrer sous le sabre, le goupillon et la propagande ?
Je sais, ce que je dis n'ai pas drôle, encore moins pour un clown, mais, si je vis cette passion clownesque et crée cette association, ce n'ai pas sans conscience ni sans raisons. Si j'en parle aujourd'hui c'est en hommage à tous les trouffions. Des ptits gars au teint rose qui crevaient d'envie de vivre, de rire, d'aimer, qui rêvaient d'amour, d'étoiles, d'avenir. Ils avaient des fiancées, des mères, des sœurs, comme vous et moi, ils rêvaient de tout le contraire que de mourir étouffer dans la boue et le froid de l'indifférence, de la propagande politique, et de faire la fortune de marchand de canons, des fabricants de pognons.

« La mutinerie c'est un cri de dignité humaine »
A noter que la chanson de Craonne a été interdite de diffusion jusqu'en 1974. Encore un sacrifice consenti probablement de tous ceux qui l'ont fredonné, chanté, murmuré, risquant à chaque instant le peloton d'exécution. Faut t'il croire que l'on a plus à craindre de son propre camps que de l'ennemi ? Oui !
Et puis, pour finir, quand vous chercherez une adresse, regardez bien si vous voyez un jour, rue du pauvre con, du pauvre trouffion, non, non, vous ne verrez que des avenues, des boulevards portant le nom des bouchers étoilés, morts bien gentiment décoré, au chaud dans leur duvet.
http://www.dailymotion.com/video/x30dzv_chanson-de-craonne_events
Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés,
C'est nous les sacrifiés !
Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe,
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes… (au refrain)
C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là. (au refrain)
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les troufions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau !
La chanson de Craonne
Paroles recueillies par Paul Vaillant-Couturier (1917)
Sur l'air de « Bonsoir m'amour » de Georges Sablon

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