Spéculation et crises ça suffit ! (1)



Spéculation et crises, ça suffit !  

 

 

C'est le cri et le titre de la pétition internationale, Européenne, qu'ont lancé le jeudi 27 mars 08, des chercheurs, des économistes Européens, é-mé-ri-tes.

 

 

 

 

 

 

 

C'était aussi le thème de l'émission modeste et géniale de Daniel Mermet :Là bas si j'y suis, du jeudi 27 mars 08, dont je vous propose ici, un petit résumé….

 

 

Avec :

 

Daniel Mermet :

Frédéric Lordon :

 

Frédéric Lordon, journaliste, dont vous pouvez lire les textes dans le monde diplomatique, explique, à Daniel Mermet, et, aux auditeurs modestes et géniaux de l'émission Là bas si j'y suis, pourquoi, il faut donner un coup d'arrêt à cette dérèglementation financière,et notamment, en visant l'article 56 du traité de Lisbonne, qui interdit toute restriction aux mouvements financiers.

 

 

Daniel Mermet :

 

 « Que dit l'article 56 ? »

 

 

Frédéric Lordon :

« Que toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les états membres, et entre les états membres et les pays tiers sont interdites.

 

Que les capitaux financiers sont absolument libres de faire ce qu'ils veulent, il n'y a pas de réglementation, il n'y a que de la déréglementation.

 

Maintenant, au bout de 25 ans, on sait très bien ce qui marche, et surtout, ce qui ne marche pas.

Les incidents sur la vie quotidienne, les délocalisations, les salaires, la destruction tout simplement des activités économiques traditionnelles, parce que cette spéculation ce fait au détriment de la société, c'est ce que ces 25 années ont permis de démontrer. 

 


 

 

Si vous lâchez 50 légionnaires dans un bordel militaire de campagne, il ne faut pas vous étonner ensuite, de ne pas les retrouver tous assit en rond à lire la comtesse de Ségur.

 

Il en va exactement de même de la finance. Pas plus il ne faut attendre de nos amis légionnaires qu'ils se mettent à jouer au rami ou à la canasta, pas plus il ne faut attendre, d'opérateurs capitalistes dans le monde d'aujourd'hui, qu'ils renoncent à saisir les immenses profits qui sont mit à leur dispositions, là, sous leur nez, par une situation. Une situation qui a été créée par les structures de la finance libéralisé.

 

La rentabilité financière est la forme la plus addictive du profit capitaliste.

Parce que c'est la plus explosive. C'est une rentabilité instantanée ou presque, et c'est une rentabilité sans commune mesure avec les misérables gains de l'économie réelle, donc vous pouvez, sermonner, chapitrer, moraliser, ceci ne se produira pas.





Si un jour un financier vous dit que les tigres mangent

de la salade, méfiez-vous, ils sont capables de tout.

Souvenez-vous…. Tout est possible.

 

 

 

 

Frédéric Lordon :

 

« De plus il y a dans la finance une force supplémentaire, celle de la concurrence, et ça il faut bien avoir ça en tête, ce n'est pas un monde paisible, la finance, la concurrence y est sauvage.

 

Si donc de nouvelles opportunités de profits se présentent, qu'elles qu'elles soient,  que se soit des valeurs internet, des dérivés des sub-primes, il faut être bien certain que tous vont se ruer sauvagement.

…Et ne pas y aller, surtout quand il y a une belle bulle, se serait une faute professionnelle que personne ne peut se permettre.

Votre rentabilité financière relative sera  moins bonne, vous allez perdre des mandats de gestion, vous allez perdre des parts de marché et à la fin, vos actionnaires vont finir par vous faire la tronche. »

 

 

« Si les ménages et puis aussi les entreprises bien sur ne peuvent plus emprunter, on a là tout une pléiade d'agents qui ne pourront plus dépenser, par conséquent la demande va baisser, la croissance aussi et l'emploi de même. »

 

 

 

 

Tous fous ?

 

Frédéric Lordon :

 

 

 

« Non il y a des opérateurs de finances qui ne sont pas aussi bête qu'on le croit, il y en a même qui sont assez lucides, ils voient très bien et parfois même de bonne heure, que les engouements collectif de la finance peuvent conduire à des situations potentiellement désastreuses avec des accumulations de risques que plus personne ne pourra plus maîtriser.

 


Mais ces gens la, on beau être lucide, ils ne sont pas moins obligés de suivre le mouvement et au milieu du troupeau, parce que si il y a des profits à capter, il faut y aller, et tant pis si tout finira mal.

 


 

 

 

 

Alors c'est un constat qui est très inquiétant par  ce que même s'ils se trouvent des agents individuellement lucides, rationnel, au sein de la finance, ils n'en seront pas moins emportés par la force beaucoup plus puissante qu'eux, parce que se sont les forces de la concurrence, même contre leur grès, ils devront participé à la frénésie collective.

 


 

 



Alors tout ça pour vous dire quoi : tout ça pour vous dire que l'hypothèse du coup de folie, ou de la moralité, ou de n'importe quoi d'autre ne peut pas être la bonne, puisque la folie est le régime permanent et nécessaire de la finance. Et tout aussi nécessairement au bout de la folie, il y a la crise et les pots cassés. »

n


 

 

 

 

 

Le pire c'est que tous les quatre ans, tous les cinq ans, ça recommence. On les tire de la mouise et c'est reparti pour un tour à l'identique, alors ça ce n'est plus possible. »

 

 

- Voila pourquoi, l'abrogation de l'article 56 est le préalable à tout projet politique de reconstruction des structures de la finance, on ne peut pas faire autrement que d'en  passer par là, tel est l'objectif de cette pétition. »

 


Laurence Parisot :

…«  Et je voudrai juste vous dire une chose, ceux qui sont à l'origine de cette tourmente financière, ceux qui ont conçût les sub-primes, et élaboré tout les mécanismes ensuite, qui consistait à cacher le risque, cela ne sont pas des libéraux, car le libéralisme ne peut pas se faire sans la transparence et la connaissance claire des règles du jeu.»

 

Ha ha ha ha ha !!!! Moi ça me fait rire.

Jaune.

 


"Quand les bonnes actions sont en baisse à la bourse de la vie, c'est que les obligations qui nous en sont faites sont dénuées d'intérêt."

 

 



fFranchement,qu'est-ce qu'ils en ont à faire, ceux à qui profite de cette déréglementation, d'être ou Franchement, entre nous, qune pas être un vrai? Ce n'est pas la question.

Le but n'est t'il de spéculer, de s'enrichir, sans entrave ?

 

La morale ?….ha ha ha ha !!!!!!!

Il faut oser le dire quand même.

 

 

 

 

 

Frédéric Lordon :

 

"Ce n'est pas une affaire de morale, mais une affaire de structure, c'est une affaire de situation. »

 

De toute façon, même si ça ne marche pas, si tout flanche, si il y a crack, pas de problème, il restera toujours l'état, via le contribuable, qui interviendra pour injecter des fonds, des liquidités, comme vient de le faire la banque fédéral du pays le plus viscéralement opposé à ce genre de solution, à savoir les Etats-Unis, qui en ont déjà pris le chemin. ( 1 )

 

 

 

Privatisation des profits et socialisation des pertes.

 

 

 

Comme les états ne peuvent pas se permettre

 la faillite des banques et de l'économie…



 

Face, ils gagnent.

Pile, on perd.

 

 

 

Daniel Mermet :

Qui s'enrichit ?

 

Frédéric Lordon :

 
Les courtiers en prêts immobiliers, les banques qui accordent les prêts, les banques d'affaires qui à partir de ses frais et par les voies de la titrisation fabriquent ce que l'on appelle les produits dérivés, et puis toutes les institutions financières; banques, fonds de pensions, fonds de mutuelles, investisseurs institutionnels de toutes sortes qui sont allés jouer sur ce marché des produits dérivés, et pendant tout le temps où ce marché a été formidablement oscillé, ils en ont tiré des plus values absolument étincelantes.

 

 





Et puis il n'y a pas que les institutions qui se sont enrichies, il y a également les hommes des institutions, puisque la finance carbure au bonus, c'est bien connue, et que tous ceux qui étaient en place sur les créneaux les plus dynamiques de la finance, ils en ont tous tiré des bonus absolument gargantuesques.

Enfin, en bout de ligne, il y a les actionnaires, puisque chaque année les institutions financières, gorgée de plus values faites sur les produits dérivés des sub-primes, affichaient des profits tous aussi retentissants les uns que les autres, cette excellente fortune a donné lieu à de large de distribution de dividendes, et évidemment ce sont nos amis les actionnaires qui en ont profités.      

 

 

 

 

Frédéric Lordon :

 

 « Or, la communauté des banques internationales, n'a pour l'instant révélé que
120 milliards de dollars de pertes.

Moralité, il reste 280 milliards dans la nature, dont nous allons avoir l'annonce comme un goutte à goutte dans les mois qui viennent.

Qui pourrait dire qu'une banque Française est à l'abri d'une monumentale déculotté sur les sub-primes ? »



 

 

 

Mars 08

Lors de la dernière réunion du G7, il y a quelques semaines, l'estimation des pertes était de 400 milliards de dollars.


AVRIL 08 

Le F M I, le fonds monétaire international fustige Wall Street pour sa responsabilité dans la crise financière des sub primes qui aurait coûté 945 milliards de dollars.

 

 

 

Comment faisait-on avant ?

 

 

Frédéric Lordon :

 

"Et bien la question assez paradoxal serait, elles se financent d'une manière qui n'est pas fondamentalement différente ce qu'elles pratiquaient il y a trente ans.

Pourquoi ?

Parce que finalement, il y a quatre sortes de moyens pour les entreprises de se financer.

 

(1) Premier moyen ; l'autofinancement. Elles font du profit, elles le réinvestissent.

 

(2) Deuxième moyen ; elles émettent des actions, ce que l'on appelle des fonds propres et c'est largement pour ça que l'on a fait les déréglementations financières.

Avec l'idée en tête que, si on favorisait le développement de la bourse, on favorisait la possibilité pour les entreprises de lever ces fameux fonds propres qui sont supposés être, le moyen le moins coûteux pour les entreprises.

 

(3) Troisième moyen : Les obligations. On peut émettre sur le marché financier des obligations

 

(4) Quatrième moyen : Le crédit bancaire.

 

Or qu'elle est la situation véritable. Les entreprises actuellement, se financent essentiellement par l'auto financement, numéro (1).

Par les missions d'obligations, numéro (3).

Par le crédit bancaire, massivement, numéro (4).

Et les actions, Numéro (2)….  à peine ou presque.

 

 

« C'est ça le paradoxe assez succulent de la déréglementation financière, c'est qu'elle a fait surgir des institutions incroyablement complexes, génératrices d'une formidable instabilité, mais pour à la fin des fin, ne modifier que marginalement les moyens par lesquels les entreprises se financent. »

 

 

 

Frédéric Lordon :

 

"Cette pétition est adressée à tous.

Elle est adressé à tous les citoyens Européens je le redis, c'est une pétition Européenne, elle est adressée aussi à toute les organisations politiques, syndicales, associations, tous ceux qui voudront la reprendre et la diffusée.

 

Je ne me fais pas complètement des illusions, je sais que la politique, ça fonctionne à la répétition  et à l'obstination, raison de plus pour commencé tout de suite. »   

 

 

 




Pour signer la pétition

Clic ci dessous

 

http://www.stop-finance.org/Speculation-et-crises-ca-suffit#sp1


 


 

Mardi 8 avril

France Inter 7h23

 l'économie aujourd'hui par Jean Marc Sylvestre

Embellie sur les marchés financiers

Les marchés boursiers remontent, en trois semaines le CAC 40 a gagné 11%.

Les opérateurs financiers du monde entier sont aujourd'hui rassurés,  ils savent que les banques centrales ; la banque centrale Américaine, la banque centrale Européenne sont prêtes à intervenir à la première alerte pour éviter une crise de liquidité dans une des banques privés…

 

Frédéric Lordon :


( 1 )


La semaine dernière ( mars 08 )il c'est passé un évènement quand même assez important, la cinquième banque Américaine, qui s'appelle BERCK STERN, a été l'objet de ce que l'on appelle une panique bancaire, c'est-à-dire qu'il y a eu un doute tel sur sa situation financière que tout ceux qui avait des avoirs ont courus pour les retirer.

Il est évident qu'une banque ne peut pas résister très longtemps à une ruée de cette sorte.

Quasiment KO technique, et au bord de la faillite, BERCK STERN ne doit sa survie qu'au rachat par une autre banque, J P MORGAN, avec le concours de la réserve fédérale et moyennent une clause un petit peu particulière, qu'a obtenu  J P MORGAN de la réserve fédérale, a savoir que, la dite réserve fédérale, la banque centrale Américaine je le rappelle, prendrait en pension, pour trente milliards d'actifs pourris de BERCK STERN.

Avec au terme de cette prise en pension, s'ajoute une sur clause, selon laquelle si jamais la réserve fédérale enregistrait  des moins values sur ses actifs pourris, c'est le trésor, c'est-à-dire le contribuable Américain qui les endosserait in fine.

Or de l'avis général, les actifs en question valent à peine plus que zéro, conséquence le contribuable Américain est bien partie pour casquer 30 milliards et ça ce n'est que le début.

 



 

 


Sarkozy….aussi

 
Clic ci-dessous

http://www.dailymotion.com/relevance/search/sarkozy%2Bvu%2Bpar%2Bles%2Banimaux/video/x1tvel_sarkozy-vu-par-les-animaux_fun



 

"C'est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous."

Erasme

                                                Extrait de Eloge de la folie



Ha ha ha ha ha !!!!!!!!!!!!!!!!


FIN





Article ajouté le 2008-04-13 , consulté 186 fois

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